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Les petites vieilles - Charles Pierre Baudelaire

 
 

Le poesie di Charles Pierre Baudelaire: Les petites vieilles

 
Charles Pierre Baudelaire

ID Autore: 2342
ID Testo: 8672

Testo online da giovedì 19 agosto 2010

Ultima modifica del giovedì 19 agosto 2010
Scritto nel 1859

 

Les petites vieilles

A Victor Hugo

I
Dans les plis sinueux des vieilles capitales,
Où tout, même l'horreur, tourne aux enchantements,
Je guette, obéissant à mes humeurs fatales,
Des êtres singuliers, décrépits et charmants.

Ces monstres disloqués furent jadis des femmes,
Eponine ou Lais ! Monstres brisés, bossus
Ou tordus, aimons-les ! ce sont encor des âmes.
Sous des jupons troués et sous de froids tissus

Ils rampent, flagellés par les bises iniques,
Frémissant au fracas roulant des omnibus,
Et serrant sur leur flanc, ainsi que des reliques,
Un petit sac brodé de fleurs ou de rébus ;

Ils trottent, tout pareils à des marionnettes ;
Se traînent, comme font les animaux blessés,
Ou dansent, sans vouloir danser, pauvres sonnettes
Où se pend un Démon sans pitié ! Tout cassés

Qu'ils sont, ils ont des yeux perçants comme une vrille,
Luisants comme ces trous où l'eau dort dans la nuit ;
Ils ont les yeux divins de la petite fille
Qui s'étonne et qui rit à tout ce qui reluit.

– Avez-vous observé que maints cercueils de vieilles
Sont presque aussi petits que celui d'un enfant?
La Mort savante met dans ces bières pareilles
Un symbole d'un goût bizarre et captivant,

Et lorsque j'entrevois un fantôme débile
Traversant de Paris le fourmillant tableau,
Il me semble toujours que cet être fragile
S'en va tout doucement vers un nouveau berceau;

A moins que, méditant sur la géométrie,
Je ne cherche, à l'aspect de ces membres discords,
Combien de fois il faut que l'ouvrier varie
La forme de la boîte où l'on met tous ces corps.

– Ces yeux sont des puits faits d'un million de larmes,
Des creusets qu'un métal refroidi pailleta...
Ces yeux mystérieux ont d'invincibles charmes
Pour celui que l'austère Infortune allaita!

II
De Frascati défunt Vestale enamourée;
Prêtresse de Thalie, hélas ! dont le souffleur
Enterré sait le nom ; célèbre évaporée
Que Tivoli jadis ombragea dans sa fleur,

Toutes m'enivrent ; mais parmi ces êtres frêles
Il en est qui, faisant de la douleur un miel,
Ont dit au Dévouement qui leur prêtait ses ailes:
Hippogriffe puissant, mène-moi jusqu'au ciel!

L'une, par sa patrie au malheur exercée,
L'autre, que son époux surchargea de douleurs,
L'autre, par son enfant Madone transpercée,
Toutes auraient pu faire un fleuve avec leurs pleurs!

III
Ah ! que j'en ai suivi de ces petites vieilles!
Une, entre autres, à l'heure où le soleil tombant
Ensanglante le ciel de blessures vermeilles,
Pensive, s'asseyait à l'écart sur un banc,

Pour entendre un de ces concerts, riches de cuivre,
Dont les soldats parfois inondent nos jardins,
Et qui, dans ces soirs d'or où l'on se sent revivre,
Versent quelque héroisme au coeur des citadins.

Celle-là, droite encor, fière et sentant la règle,
Humait avidement ce chant vif et guerrier ;
Son oeil parfois s'ouvrait comme l'oeil d'un vieil aigle ;
Son front de marbre avait l'air fait pour le laurier !

IV
Telles vous cheminez, stoiques et sans plaintes,
A travers le chaos des vivantes cités,
Mères au coeur saignant, courtisanes ou saintes,
Dont autrefois les noms par tous étaient cités.

Vous qui fûtes la grâce ou qui fûtes la gloires,
Nul ne vous reconnaît ! un ivrogne incivil
Vous insulte en passant d'un amour dérisoire ;
Sur vos talons gambade un enfant lâche et vil.

Honteuses d'exister, ombres ratatinées,
Peureuses, le dos bas, vous côtoyez les murs ;
Et nul ne vous salue, étranges destinées !
Débris d'humanité pour l'éternité mûrs !

Mais moi, moi qui de loin tendrement vous surveille,
L'oeil inquiet, fixé sur vos pas incertains,
Tout comme si j'étais votre père, ô merveille !
Je goûte à votre insu des plaisirs clandestins :

Je vois s'épanouir vos passions novices ;
Sombres ou lumineux, je vis vos jours perdus ;
Mon coeur multiplié jouit de tous vos vices !
Mon âme resplendit de toutes vos vertus !

Ruines ! ma famille ! ô cerveaux congénères !
Je vous fais chaque soir un solennel adieu !
Où serez-vous demain, Èves octogénaires,
Sur qui pèse la griffe effroyable de Dieu ?

---**---

Traduzione:

Le vecchiette

A Victor Hugo

I
Nelle pieghe sinuose delle vecchie metropoli
dove tutto, anche l'orrore, si tramuta in incanto,
obbedendo alla mia fatale indole spio
degli esseri eccezionali, decrepiti e affascinanti.

Questi mostri malconci furono donne un tempo,
Eponìna o Laide! Mostri piegati, gobbi
o contorti, amiamoli!, hanno pur sempre un'anima.
Sotto gonne bucate e sotto vesti fredde

ràncano flagellate da inique tramontane,
scosse dal chiassoso rollare degli autobus
stringendosi contro il fianco borsette come reliquie
ricamate con fiori o geroglifici;

vanno trotterellando come marionette,
vanno trascinandosi come bestie ferite
o danzano, senza voler danzare, poveri sonagli
a cui si è appeso un Demone impietoso!

Così cadenti, ma gli occhi succhielli penetranti,
lucenti come di notte le pozze in cui dorme l'acqua,
hanno gli occhi divini della ragazzina
che stupisce e sorride di tutto ciò che brilla.

- Avete mai notato che molte bare di vecchie
sono piccole quasi quelle di un fanciullo?
La Morte sapientemente mette in queste bare
un simbolo dal gusto bizzarro e accattivante,

e se un fantasma scorgo che deforme
traversa il quadro dell'affollata Parigi,
penso con insistenza ad un essere fragile
che se ne va dolcemente verso una nuova culla,

a meno che, meditando questioni geometriche
di quelle membra asimmetriche, non cerco di capire
quante volte l'operaio dovrà mutare la forma
delle scatole in cui ripone tutti questi corpi.

- occhi in cui si accumulano milioni di lacrime,
crogioli che un metallo raffreddando ha smaltato ...
occhi misteriosi dal fascino invincibile
per chi è stato allattato dall'austera Sfortuna!

II
Vestale innamorata del defunto Frascati;
sacerdotessa di Talia il cui nome soltanto
sa un ormai defunto suggeritore; celebrità svaporata
che Tivoli un giorno ombreggiò sotto i suoi fiori,

tutte mi inebriate; ma fra questi esseri fragili
alcune, trasfigurando in miele il Dolore,
han chiesto al Sacrificio che le offriva le ali:
Ippogrifo possente, conducimi sino al cielo!

Una, che la patria ha messo a dura prova,
l'altra che dal marito fu afflitta con dolori,
l'altra, per il figlio Madonna dal cuor trafitto,
coi loro pianti avrebbero alimentato un fiume!

III
Queste piccole vecchie, quante ne ho seguite!
Una più di tutte, quando il sole scende
insanguinando il cielo di ferite vermiglie,
pensierosa sedeva a una panchina solitaria

ascoltando i concerti, fragorosi di ottoni,
suonati nei giardini da bande militari,
che, in sere dorate in cui ci sembra di rinascere,
suscitano nei cittadini fremiti di eroismo.

Lei, dritta ancora, fiera seguendo il ritmo
avida aspirava il canto vivo e guerriero;
a tratti le si apriva l'occhio di vecchia aquila
e la fronte di marmo pronta per l'alloro!

IV
Così voi camminate, stoiche e senza pianti,
attraversando il caos di città pullulanti,
Madri il cui cuore sanguina, sante o puttane,
il cui nome era una volta da tutti conosciuto.

Voi che foste la grazia o che foste la gloria,
nessuno più vi conosce! un villano ubriaco
vi insulta passando con scherni amorosi
vi segue scimmiottandovi un ragazzaccio vile.

Vergognose d'esistere, ombre avvizzite,
chine, impaurite, costeggiate i muri;
nessuno vi saluta, sorte bizzarra!
resti umani maturi per l'eternità.

Ma io, che da lontano veglio su di voi
con tenerezza, inquieto dei vostri passi incerti,
io, come se fossi un padre, oh meraviglia!
gusto a vostra insaputa piaceri clandestini:

vedo in voi sbocciare passioni giovanili
e bui o luminosi gli anni da voi vissuti vivo,
gode il mio cuore moltiplicato nei vostri vizi
l'anima mia risplende delle vostre virtù.

Ruderi, mia famiglia, cervelli simili al mio,
Ogni sera vi rendo il mio solenne addio.
Domani dove sarete, Eve ottuagenarie,
su cui pesa l'artiglio terribile di Dio?

 
 

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